JOURNEE D’ETUDE organsée par
Laboratoire Architecture/Anthropologie
Réseau LIEU
Ecole d’Architecture de Paris La Villette
lundi 6 décembre 2004 à 14h, amphi 005 Ecole d’Architecture de Paris La Villette 144, avenue de Flandre 75019 Paris
Nous avons aujourd’hui bien souvent une vision stéréotypée et fantasmée de villes asiatiques au déploiement tentaculaire, à la croissance verticale exponentielle, et parcourues par un entrelac d’autoroutes aériennes. Il est vrai que l’évolution durant ces vingt dernières années de la mégalopole Tokyo-Osaka, de l’expérimentale Shanghaï-Pudong, de la cité-Etat singapourienne ou encore de Bangkok peut nous laisser penser que nous ne sommes effectivement plus très loin des visions oniriques de la « ville réseau » aperçues dans le récent 2046 du réalisateur taïwanais Wong Kar Wai. Pourtant la réalité du « fait urbain » asiatique réserve, et cela plus qu’ailleurs, une multitude de situations, une grande complexité et un certain nombre de contradictions. Entre gated city et quartiers marchands, altération des écosystèmes et attachement à un « socle de nature », spéculation foncière et solidarités communautaires, sky-train et marchands ambulants, condominiums et organisations villageoises ... planification étatique et initiatives individuelles, nombre de nos a priori sont mis à mal. Dès lors, transposer souvent de façon artificielle des notions très occidentales voire franco-françaises de « centralité », d’ « espace public », de « patrimoine », de « développement durable », de « rurbanisation » sur des territoires très différents et fortement marqués culturellement, peut nous conduire dans une impasse et nous exposer au risque d’y rendre toute intervention de ce type, partiale, partielle, et par conséquent inopérante. Lors de cette journée nous nous proposons de présenter des expériences singulières, nourries par une approche très contextuelle, territorialisée. Ces expériences, alliant recherche et pratique du projet tentent d’accompagner les processus en cours. Elles mettent au centre de leur préoccupation la prise en compte de toute la complexité de villes qui, malgré (ou du fait de ?) leur croissance parfois incontrôlable, portent en elles la substance de leur régénération et d’une certaine façon« anticipent leur futur ».