A&D coordonne un projet europeen « Sustainable Project for Rehabilitation of the Indus Delta Eco Region (SPRIDER) » pour l’amelioration des conditions de vie des populations de pecheurs du Delta de l’Indus, menacees par une une politique de gestion de l’eau qui compromet l’environnement naturel et bati de deux millions d’habitants de la zone cotiere.
A&D vient d’effectuer une mission a Karachi ou nous avons organise avec nos partenaires « Pakistan Fisherfolk Forum » une conference internationale sur les strategies alternatives de la gestion globale du Delta de l’Indus.
L’objectif etait de sensibiliser les pouvoirs publics sur la necessite de trouver des solutions negociees et equitables pour les populations privees de ressources economiques a cause de la degradation inexorable de la qualite et de l’acces a l’eau.
La situation est en effet tres critique : depuis plus de trente ans, la construction de barrages et de canaux d’irrigation en amomt a contribue a rompre l’equilibre ecologique de ce delta, berceau historique de l’humanite. Le debit de l’Indus est aujourd’hui reduit au centieme de sa norme, empechant les limons de fertiliser les terres agricoles qui assuraient la subsitance de centaines de milliers d’habitants. Ces derniers se sont reconvertis sur le tard en pecheurs, car leur terres ont ete envahies par les eaux salines de la mer, rendant toute activite agricole impossible. Les villages deviennent ainsi prisonniers des elements, mais aussi des abus des paramilitaires pakistanais qui, sous couvert de maintien de la securite des frontieres, controlent la production des pecheurs, en imposant par les armes des prix en dessous du marche. Enfin, la surexploitation des zones halieutiques par les chalutiers des compagnies internationales (notamment chinoises) acheve de precariser ces populations qui vivent dans un denuement extreme. Nous avons rencontre des familles au fin fond du Delta, cernees par les eaux saumatres, isolees des services de base, sans ressources, parfois sans eau potable pendant plusieurs jours, qui attendent, resignees, la fin de leur histoire sur cette terre jadis fertile. Il leur reste le soutien de quelques ONG, dont notre partenaire PFF, qui lutte pour la rehabilitation humaine et physique du Delta, par un travail de mobilisation, d’information et de lobbying aupres des autorites.
Dans un contexte geopolitique pour le moins delicat, le sort des communautes de pecheurs ne depend pas que du bon vouloir du gouvernement federal ou provincial : il passe certainement par une comprehension elargie de la question environnementale a la revendication de droits sociaux economiques et culturels. C’est dans cette perspective que le projet SPRIDER, finance par le programme PRO-ECO de l’Union Europeenne, s’efforcera de proposer des alternatives strategiques pour eviter le peril humanitaire et ecologique qui s’annonce.