Rapport introductif sur la ville inclusive

dimanche date_jnum5 novembre 2004.
 

by Sonia Fayman,coordinatrice ,sociologue,membre de l’AITEC,et de ACT Consultants,Paris
Lilia Santana,assistante,membre de l’AITEC,Paris

QUATRIEME FORUM INTERNATIONAL SUR LA PAUVRETE URBAINE

Marrakech 16-19 octobre 2001


La dialectique de l’exclusion et de l’inclusion est centrale dans la lutte contre la pauvreté urbaine. La ville est paradoxale,au sens où étant le lieu de l’émancipation par excellence, elle sécrète aussi des effets pervers qui limitent ou détournent les perspectives qu’elle offre aux pauvres.

La ville attire
Les migrations des campagnes vers les villes ont, de tout temps,été porteuses d’un mouvement d’émancipation par le travail et par une sociabilité choisie. Cette forme d’émancipation n’annule pas nécessairement les liens ethniques et familiaux, mais les allège au moins partiellement. Ainsi la ville participe d’un mouvement dans lequel les individus deviennent sujets de leur histoire. La ville, parce qu’elle multiplie les opportunités d’emploi, permet une diffusion et une accumulation de revenus. S’y développent des activités qui étendent son aire d’influence et qui entraînent la formation de réseaux de villes, par delà l’environnement immédiat, tandis que la croissance démographique dans les villes et l’extension urbaine offrent des débouchés croissants à la production agricole. D’autre part, l’économie globale est,de façon croissante, une économie fondée sur le savoir. L’innovation et la créativité en sont des moteurs puissants ; la recherche et la recherche-développement en sont des éléments -clef. Les centres décisionnels et financiers attirent ainsi des cerveaux du monde entier et les grandes villes sont alors les lieux d’un cosmopolitisme fertile. Ce mouvement ne garantit pas systématiquement l’inclusion de tous les citadins. Aussi, à notre époque, l’inclusion est-elle à considérer non pas comme une caractéristique urbaine immanente, mais plutôt comme un projet socio-politique. La finalité de l’intégration sociale est bien, pour chacun,de pouvoir jouir de ses droits et d’exercer sa qualité de citoyen.

Mais la ville exclut
Sur tous les continents,les grandes métropoles exercent toujours un pouvoir d’attraction auprès des ruraux ou d’habitants de petites villes ou d’urbains de pays plus pauvres. Mais la ville ne possède pas de mécanismes d’intégration à la hauteur des espérances qu’elle génère. Les autorités locales n’ont pas toujours les moyens ni la volonté de faire en sorte que les pauvres soient logés et desservis dans des conditions satisfaisantes, tandis que le marché du travail n’absorbe plus toute la demande d’emploi et que l’économie populaire n’a pas d’atouts suffisants pour garantir la survie de tous les laissés pour compte de la croissance et de l’exode rural.


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